Fin de 12 ans de mandats

Les listes sont affichées et donc c’est officiel : je quitte mes mandats une fois les prochaines élections conclues.

Quand on est venu me proposer de me présenter pour être élue du personnel pour la CFDT il y a 12 ans, j’ai dit oui sans hésiter. Lectrice assidue des PV et CR des 3 instances de l’époque, j’aimais l’idée de rendre service aux collègues en les représentant auprès de la direction tout en ayant une vision plus globale du fonctionnement de l’entreprise. M’engager avec la CFDT était pour moi une évidence : leur capacité à soulever des points difficiles sans catastrophisme, la prise de recul sur la situation globale et l’équilibre de leurs positions finales, ça me correspondait. 

En 12 ans en CE et DP, puis CE et enfin CSE (fusion des 3 instances), j’ai rassasié ma curiosité ! Je ne compte plus les documents et tableaux de chiffres épluchés pour comprendre les grands sujets de consultation : sociale, financière et stratégique, mais aussi les différents projets qui nous ont été présentés (divers bâtiments, investissement dans des starts up,..). Parfois nous étions d’accord, parfois nous nous sommes opposés (les discussion homériques sur les congés ou sur le nombre d’études par personne étaient toujours des hits dans les PV). Entre élus nous avons beaucoup retourné les sujets pour arriver à rendre un avis, et toujours essayé de proposer des alternatives quand nous n’étions pas d’accord. 

Je crois vraiment que le dialogue social, dans la concertation, peut faire avancer la société dans l’intérêt des salariés et de l’entreprise.

Tout cela ne serait pas possible sans les retours des salariés : oui, nous, on aime les râleurs ! Plus sérieusement, être à l’écoute des collègues est essentiel pour bien les représenter. C’est aussi pour ça que la diversité de candidats a toujours été un point important dans nos listes, pour prendre la température de SGR. On a mis en place ce blog pour pouvoir faire des enquêtes notamment, mais c’est beaucoup en discutant dans les couloirs que nous avons fait ce travail. 

Et puis il y a eu les accompagnement de salariés, ETAM et cadres, lors de moments difficiles. Ça peut arriver à tout le monde, et c’était important d’aider chacun à se remettre. Parfois la situation s’est améliorée avec des conseils, parfois il a fallu intervenir auprès de la direction, parfois la solution a été d’aider les gens à partir dans les meilleures conditions pour eux. Tout n’est pas parfait à SGR, mais le service RH et la direction ont été ouverts et bienveillants sur ces sujets : c’est une chance.  

Ce que je n’avais pas vu venir à l’époque c’est le fait d’être sollicitée pour devenir déléguée syndicale. La précédente partait à la retraite et sans remplaçant la CFDT risquait de disparaitre de SGR. J’appréciais la capacité de la CFDT à négocier, à chercher pied à pied des améliorations et des nouveaux droits : ça ne faisait pas forcément des accords grandioses à chaque fois mais la somme de tout méritait de faire en sorte que la section perdure. 

En 12 ans de déléguée syndicale, j’en ai vu passer des négociations ! Heureusement il y avait toujours des élus pour aider, travailler les sujets en profondeur et recueillir des idées auprès des collègues. Sans eux on n’aurait pas eu tout ça. 

Mes premiers gains marquants : le complément de salaire lors du congé paternité (avant le salarié ne touchait que l’indemnité journalière) et la mise en place de la dérogation mutuelle pour ne pas cotiser famille quand le conjoint est déjà couvert. Le premier point a été facile : il a suffi de le demander ! Le deuxième a été beaucoup plus difficile, pas tellement à cause d’un désaccord avec la direction mais parce que la mutuelle se gère au niveau du groupe.  Les deux ont plus tard été étendus à tous les salariés de SG en France : je suis fière que nos avancées aient été utiles aux autres salariés du groupe.

Et puis il y a eu tous les gains matériels : les augmentations de salaire, de primes diverses (x2 sur la prime vacances par rapport à quand j’ai commencé !),… J’ai aimé travailler sur l’intéressement : les objectifs collectifs ont du sens pour moi, au lieu de se comparer avec son voisin (sport favori des salariés de SGR), on travaille tous dans le même sens pour  faire progresser  la performance de SGR et ainsi assurer la pérennité de l’entreprise. Ma grande frustration a été de ne pas éliminer la part proportionnelle au salaire, même si je l’ai réduite au fil du temps. Ma fierté est d’avoir fait progresser les objectifs sur les moyens EHS, et l’apparition des critères ‘notes techniques’ et environnementaux.  

Enfin il y a eu la création de nouveaux dispositifs : les jours enfant malade rémunérés (ceux-là on les a demandé longtemps ! et obtenus un à un), les chèques CESU pour la garde d’enfant, l’aide à la mobilité douce, le Compte Epargne Temps et le petit dernier avec les congés pour les jeunes embauchés. 

Une négociation ne permet pas de tout obtenir mais on a toujours cherché le meilleur compromis pour tous les salariés. Je pense que ça vaut vraiment le coup d’arracher des avancées et des droits petit à petit, sans s’énerver mais avec patience.

Et au bout de tout ça : MERCI !

Merci à tous ceux qui ont été ou sont élus, particulièrement les CFDT : c’était une chouette aventure de travailler avec des gens intéressants et sympathiques  que je n’aurai sûrement pas connu sans ces mandats. 

Merci à tous ceux qui ont voté CFDT, sans qui je n’aurai pas eu l’occasion de faire tout ça.

Enfin un merci particulier à ceux qui sont venus demander de l’aide. C’est très difficile d’aller exposer à une quasi inconnue ses difficultés et ses problèmes. C’est avec eux que je me suis sentie la plus utile et ils m’ont fait grandir. 

C’est avec un pincement au cœur que j’ai déposé les listes sans mon nom cette fois-ci mais je sais que c’est ce qu’il y a de mieux pour la CFDT de SGR et pour moi. Après 12 ans, je me sentais moins combattive, moins constructive et moins inventive pour demander de nouveaux droits : il était temps de laisser ma place.  La nouvelle équipe qui se présente mixe des élus expérimentés et plein de nouveaux : j’ai confiance dans le fait qu’ils sauront reprendre le flambeau et inventer de nouveaux espaces de négociation à conquérir.

Régine

Une réflexion sur « Fin de 12 ans de mandats »

Les commentaires sont fermés.